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Réforme du Code de la communication : l’éternelle promesse ?

Paul Marie Gondjout, Ministre de la Communication

Annoncée comme une « priorité législative » par ministre de la Communication, Paul Marie Gondjout, lors de sa rencontre avec la Haute Autorité de la Communication (HAC) vendredi, la refonte du Code de la communication ressemble à une vieille promesse, maintes fois formulée mais jamais concrétisée. Pour les professionnels des médias, qui dénoncent depuis des années un cadre légal jugé liberticide et inadapté, cette énième déclaration soulève autant d’espoirs que de scepticisme.

Des dispositions jugées liberticides

Parmi les points les plus contestés figure la responsabilité pénale élargie. Le code de 2016 instaure une responsabilité solidaire entre l’auteur d’un article, l’éditeur, l’imprimeur et même le distributeur.

Une disposition qui, selon les critiques, fait peser une épée de Damoclès sur toute la chaîne de production de l’information et favorise l’autocensure.

Autre source de mécontentement, l’obligation de déclarer les pseudonymes auprès de l’autorité de régulation.

Rencontre Germain Ngoyo Moussavou (Président de la HAC) et Laurence Mengue épouse Ndong (Ministre des médias d’époque)

Si le gouvernement de l’époque justifiait cette mesure par la nécessité d’identifier les auteurs en cas de poursuites judiciaires, les journalistes y voient une atteinte à la protection de leurs sources, un principe pourtant fondamental de leur profession.

Aussi, bien que le texte ait dépénalisé les délits de presse, il a institué des amendes très élevées, pouvant atteindre plusieurs millions de francs CFA, une somme dissuasive pour la plupart des organes de presse locaux, souvent économiquement fragiles.

Le serpent de mer du statut du journaliste

Indissociable de la refonte du Code, la question du statut particulier des communicateurs est une autre revendication historique de la profession.

Des journalistes lors d’un séminaire organisé par la HAC

Les journalistes, en particulier ceux du secteur public, réclament depuis des années un cadre juridique qui sécurise leur profession, clarifie leurs droits et devoirs, et revalorise leurs conditions de travail souvent précaires.

En août 2025, Paul Marie Gondjout avait déjà assuré que ce texte était en phase de finalisation, une annonce qui, comme celle de la refonte du Code, attend toujours de se matérialiser.

Un éternel recommencement ?

L’annonce de Paul Marie Gondjout s’inscrit dans une longue série de tentatives de réforme avortées ou jugées insatisfaisantes.

Des membres de la HAC

Déjà en 2015, des projets de modification de la loi de 2001 avaient été critiqués pour leur manque d’ambition et leur incapacité à répondre aux standards internationaux en matière de liberté de la presse.

L’histoire semble se répéter, alimentant la méfiance d’une profession échaudée par les promesses sans lendemain.

Les professionnels des médias attendent désormais de voir si cette volonté affichée se traduira par des actes concrets et une véritable concertation avec les acteurs de terrain.

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